2 Photographie

La chambre noire

À l’époque de la Renaissance, les peintres italiens commencent à découvrir les lois de la perspective. Pour simplifier le tracé de leurs paysages, ils utilisent des appareils optiques qui permettent de projeter sur une surface une image d’un paysage ou d’un objet : la chambre claire, la chambre noire, le perspectographe (le portillon d’Albrecht Dürer).
La chambre noire était déjà connue par Aristote (384-322 av. J.-C.), par le savant perse Ibn Al-Haytham (965-1038) et par Léonard de Vinci (1452-1519) ; on peut la considérer comme l’ancêtre des appareils photographiques. Elle est constituée par une boîte fermée, étanche à la lumière, dont une des faces est percée d’un tout petit trou, le sténopé. L’image inversée d’un objet éclairé placé à l’extérieur devant le trou se forme sur la paroi opposée.
Elle fut employée par de nombreux artistes, dont Giambattista della Porta, Vermeer, Guardi et Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto, qui l’utilisa notamment pour mettre en perspective ses célèbres paysages des canaux de Venise.

« Lorsque les images des objets éclairés pénètrent par un petit trou dans un appartement très obscur, recevez ces images dans l’intérieur de l’appartement sur un papier blanc situé à quelque distance du trou, vous verrez sur le papier tous les objets avec leurs propres formes et couleurs. Ils seront diminués de grandeur; ils se présenteront dans une situation renversée et cela en vertu de l’intersection des rayons. » Léonard DE VINCI

C’est Nicéphore Niépce qui, après plusieurs années de recherche et d’essais, réalise le premier cliché en 1826. La photographie est néanmoins encore de faible qualité, et quasiment inexploitable.
“Point du vue du Gras” est la première photo connue, réalisée par Nicéphore Niépce en 1826 ou 1827. Elle représente le domaine du Gras à Saint Loup de Varennes, propriété du photographe. Elle a requis une exposition de 8 heures sur une solution de bitume de Judée.

L’émergence de la notion de photographie, au début du XIXe siècle, s’inscrit dans le cadre de la révolution industrielle, riche en inventions qui favorisent l’essor économique. Joseph Nicéphore Niépce, en compagnie de son frère Claude, travaille sur plusieurs projets (moteur à explosion, remplacement de la machine hydraulique de Marly, culture du pastel pour remplacer l’indigo). En 1829, sous le terme de « héliographie », il définit la photographie qui « consiste à reproduire spontanément par l’action de la lumière, avec des dégradations de teintes du noir au blanc, les images reçues dans la chambre obscure1 », après avoir réalisé plusieurs essais fructueux.
Les premières héliographies de Nicéphore Niépce :
Point de vue de la fenêtre de Saint-Loup de Varennes (vers 1826-1827)

C’est alors qu’entre en scène Louis-Jacques Mandé Daguerre, un peintre, décorateur de théâtre ; en 1829, les deux hommes lient leurs recherches au sein d’un contrat d’association. Niépce abandonne son invention et Daguerre apporte une nouvelle combinaison de la chambre noire. Ils poursuivent séparément leurs recherches et, à la mort de Niépce, en 1833, le concept de photographie est parfaitement défini, mais le procédé n’est pas encore techniquement au point pour permettre une utilisation commerciale.

L.-J. M. Daguerre. Le Louvre vu de la rive gauche de la Seine, Paris, 1839.
© BnF


Daguerre apporte les perfectionnements nécessaires (réduction du temps de pose et obtention d’une image définitive) en utilisant l’iode. Il obtient une image non reproductible : le daguerréotype. Le procédé, présenté comme l’invention de Daguerre, est révélé au monde par Arago, le 19 août 1839, lors d’une séance solennelle à l’Institut de France.
D’autres chercheurs essaient d’apporter une réponse au problème de la représentation. L’Anglais William Henry Fox Talbot réalise, en 1834, ses premiers « dessins photogéniques » sur du papier imprégné de nitrate d’argent. En janvier 1839, il fait une communication à la Royal Society de Londres afin d’affirmer la paternité de cette invention.

W.H. Talbot. The Open Door, 1843.

Le 20 mai 1839, Hippolyte Bayard présente à Arago des « positifs directs ». L’invention s’inscrit dans un réseau de recherches simultanées et va connaître de multiples perfectionnements qui assureront sa pérennité.

L’engouement populaire, l’intérêt que lui portent les hommes de science et les artistes, les exigences du marché de la reproduction canalisent et fécondent les recherches dans le domaine de l’optique mais surtout dans celui de la chimie, très lié à l’expansion de l’industrie.

Les autochromes Lumière

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